Les clics d’amortissement expliqués
Rebond, compression basse et haute vitesse : ce que fait chaque molette, dans quel sens la tourner pour quel symptôme, et comment compter les clics pour que tes chiffres veuillent dire la même chose l’an prochain.
La pression d’air règle avec quelle force la suspension repousse. L’amortissement règle à quelle vitesse elle a le droit de bouger. Chaque molette bleue ou rouge sur une fourche ou un amortisseur est un réglage d’amortissement, et chacune ne fait qu’une seule chose. Une fois que tu sais quelle molette répond à quelle plainte, le réglage cesse d’être une devinette.
Ce guide suppose que le sag est déjà bon. Sinon, commence par Régler sa suspension de zéro. L’ordre qui marche : sag et air, puis rebond, puis réducteurs de volume, puis compression (basse vitesse, puis haute vitesse).
Ce qu’il te faut
- La liste des molettes de ta fourche et de ton amortisseur : compression simple ou double, rebond simple ou double. C’est sur la page produit ou sur l’autocollant du fourreau. MTB Mate la garde par vélo, donc l’écran de setup n’affiche que les molettes que tu as vraiment.
- Une section test répétable : un bout de sentier que tu peux rouler trois fois en dix minutes, avec des bosses de freinage, une arête vive et un virage.
- De quoi noter les clics. Le setup les garde à côté des pressions.
Les molettes, une par une
Le rebond — la vitesse de retour
L’amortissement en rebond freine le retour de la suspension après une compression. C’est la molette la plus utilisée du vélo, et celle que la plupart des riders règlent mal.
- Trop rapide (pas assez d’amortissement) : le vélo rebondit après les chocs, te kicke sur les sauts, l’avant paraît nerveux, l’arrière te « rue » vers l’avant à la réception.
- Trop lent (trop d’amortissement) : il ne récupère pas entre deux bosses successives, s’enfonce dans son débattement, roule bas et devient dur. Les riders accusent souvent la compression ; vérifie d’abord le rebond.
Pars du tableau du fabricant pour ta pression. Plus de pression d’air demande plus de frein en rebond, c’est pour ça que les tableaux sont indexés en psi.
La compression basse vitesse (LSC) — le soutien
La compression basse vitesse résiste aux mouvements lents de la tige : transferts de poids du corps, plongée au freinage, pompage, appuis en virage, pédalage. « Basse vitesse », c’est la vitesse de la tige, pas celle à laquelle tu roules.
- Pas assez : la fourche plonge au freinage, l’arrière s’écrase au pédalage ou s’affaisse dans les virages relevés, le vélo semble bas dans son débattement.
- Trop : dureté sur les petites vibrations rapides, les bosses de freinage et les racines. C’est la dureté auto-infligée la plus courante : on ajoute du soutien et on perd le grip sur les petits chocs.
Sur une molette de compression simple, c’est celle-là.
La compression haute vitesse (HSC) — les gros chocs
La compression haute vitesse résiste aux mouvements rapides de la tige : arêtes vives, drops, réceptions. On la trouve sur les amortisseurs haut de gamme, parfois à côté d’une seule molette de rebond ; « 4 voies » veut dire des molettes basse et haute vitesse séparées à la fois pour la compression et pour le rebond. La plage est courte, en général cinq à huit clics, donc un clic est un grand pas.
- Pas assez : ça talonne ou traverse le débattement sur les drops et les grosses arêtes.
- Trop : ça dévie sur les arêtes vives au lieu de les absorber. C’est rare ; si un gros choc paraît dur, c’est en général le ressort ou la LSC d’abord.
Le rebond haute vitesse (HSR) — le retour depuis le fond
Uniquement sur les amortisseurs à deux molettes de rebond. Contrôle la vitesse de retour lorsque la suspension a été fortement comprimée, là où la force du ressort est la plus haute. Ralentis-le si le vélo rue sur les grosses réceptions mais fonctionne bien sur les petits chocs. Sinon, laisse-le au réglage du tableau.
Les réducteurs de volume — pas une molette, mais sur la même liste
Les réducteurs changent la courbe du ressort : ils durcissent la fin de course. Quand tu cherches la cause d’un talonnage, ils viennent après l’air et un clic de HSC ; quand tu n’atteins jamais le fond avec la compression ouverte, en enlever un est la solution. Les monter demande de dépressuriser le ressort pneumatique et de l’ouvrir : suis la notice d’entretien pour la procédure et le nombre maximal de réducteurs de ton modèle.
Compter les clics depuis fermé
Fox et RockShox impriment leurs molettes de la même façon : tout fermé (vissé à fond, le plus lent, le plus ferme) vaut zéro, et tu comptes les clics en ouvrant à partir de là. MTB Mate enregistre toujours les clics depuis fermé. Si ta notice donne les réglages depuis tout ouvert, comme le font certaines marques, convertis avant de saisir : clics depuis fermé = plage totale − clics depuis ouvert. Saisir un chiffre « depuis ouvert » sans le convertir inverse le réglage en silence.
Ça te laisse une seule règle à retenir : un chiffre plus haut veut dire plus ouvert, moins d’amortissement, plus souple ou plus rapide. Quand l’appli propose « 6 → 7 clics · plus souple », le chiffre monte et l’amortissement baisse. Sur un amortisseur 4 voies avec 18 clics de rebond et 6 clics de haute vitesse, « 3 clics » veut dire des choses très différentes selon la molette, c’est pour ça que le setup garde la plage de chaque molette de ta fourche et de ton amortisseur.
Une molette, un sens, un clic. L’appli propose ; toi, tu roules et tu tranches.
La méthode par encadrement
Ne touche jamais deux molettes entre deux passages. Une molette, un pas, tu roules, tu juges.
- Choisis le symptôme, puis la molette dans le tableau ci-dessous.
- Bouge-la d’un pas : un clic pour le rebond et les molettes haute vitesse, deux clics pour la compression basse vitesse, dont la plage est plus large.
- Roule la section test. Mieux, moins bien, ou pareil ?
- Mieux : garde, et essaie un pas de plus au passage suivant pour trouver la limite. Moins bien : reviens en arrière et essaie l’autre molette du tableau. Pareil : deux pas, puis réévalue.
Note où tu t’es arrêté. La boucle de ressenti de MTB Mate fait exactement ça : touche ton ressenti, dis où, applique un changement, roule, et l’historique garde la trace de ce qui a marché.
Symptôme → molette
| Ce que tu sens | Où | Première molette | Si ça ne suffit pas |
|---|---|---|---|
| Dur, ça pique sur les petites vibrations rapides | Fourche ou amortisseur | LSC moins | Air −5 psi fourche |
| Dur sur les arêtes vives, ça dévie | Fourche | HSC moins | Un peu moins d’air, si c’est dur sur toute la course |
| Débattement inutilisé, comme un mur | Fourche ou amortisseur | Enlever un réducteur | Un peu moins d’air, puis HSC moins |
| Plonge au freinage, s’affaisse en relevé, s’écrase au pédalage | Fourche (plongée) / amortisseur (affaissement) | LSC plus | Plus d’air si le sag est aussi trop profond |
| Talonne alors que le sag est bon | Amortisseur ou fourche | Air plus (~5 psi fourche, ~10 psi amortisseur, jamais au-dessus du maximum imprimé) | Un clic de HSC en plus (vers fermé), puis ajouter un réducteur en dernier |
| Rue, kicke, rebondit après les chocs | Amortisseur ou fourche | Rebond plus lent | HSR plus lent si seulement sur les grosses réceptions |
| Se tasse, roule bas et dur sur les bosses répétées | Fourche ou amortisseur | Rebond plus rapide | LSC moins, seulement si toujours dur une fois le rebond bon |
Deux de ces lignes sont des pièges à connaître. « Dur sur les gros chocs » est en général un problème de ressort ou de LSC, pas de haute vitesse, et la boucle vérifie dans quel sens. « Talonne » est d’abord un manque de ressort : plus d’air, un clic de HSC en plus, et seulement ensuite un réducteur.
Les jours froids
L’huile d’amortisseur s’épaissit en refroidissant, et les pires fluides sont plusieurs fois plus épais à zéro qu’en été. Les mêmes clics paraissent plus durs par un matin froid. Ouvre la compression basse vitesse d’un pas (deux clics), et accélère le rebond d’un clic si ça se tasse dans le froid. Remets les clics quand les températures remontent. Saisis la température dans MTB Mate et l’appli te recommande un ajustement dans le même sens.
Aide-mémoire
| Molette | Résiste à | Pas assez | Trop |
|---|---|---|---|
| Rebond | Vitesse de retour | Rebonds, ruades | Se tasse, roule bas |
| LSC | Poids du corps, freinage, pompage | Plongée, affaissement, écrasement | Dureté sur les petits chocs |
| HSC | Arêtes vives, réceptions | Traverse sur les drops | Dévie sur les arêtes (rare) |
| HSR | Retour après forte compression | Rue sur les grosses réceptions | Sensation morte après les gros chocs |
| Réducteurs | Fin de course | Talonne | N’atteint jamais le fond |
Les clics se comptent depuis fermé. Chiffre plus haut, plus ouvert, plus souple. Tout le reste, c’est un pas à la fois.